- Faîtes attention où vous marchez, jeune homme ! grogna un vieil homme peint sur un tableau non loin de Harry.
- C' est ça, répondit-il, sans se soucier du tableau.
Il ne savait pas où aller. Sûrement pas en cours de sortilèges, où tout le monde lui poserait des questions à propos de Neville. Non, ce dont il avait besoin, c' était de calme.
La réponse lui vint tout de suite ! La salle sur demande ! Avant qu' il eût croisé Miss Teigne au septième étage. Comme la chatte la regardait avec des yeux perçant, Harry fut contraint de faire demi-tour .
Mis à part la salle sur demande, Harry aimait beaucoup la salle commune des Gryffondors. C' était là où il avait vécu plus de six ans, en fait, c' était comme sa vrai maison.
Lorsqu' il fit pivoter le tableau de la Grosse Dame, il tomba nez à nez avec Neville. Mince, je l' avais oublié, celui-là ! Mis à part lui, la salle commune était déserte.
- Tu n' es pas retourné en cours ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Euh ... non, j' avais besoin de tranquillité. Et je croyais en trouver ici , continua Harry mais dans sa tête.
- Ah d' accord. Bizarre, cette potion ... dit-il d'un ton réveur. Tu veux faire une partie d' échec ? proposa Neville.
- Non merci Neville. Je vais me reposer sur un de ces canapés, répondit Harry.
- Comme tu voudras. Moi je vais dans le dortoir, pour réfléchir dit-il en faisant une grimace.
Harry étouffa un rire, puis une fois que Neville eût monté les marches de l' escalier en colimaçon qui menait au dortoir des garçons, il s' allongea sur un des canapés en fasse du feu.
Il regarda les flammes pendant un bon moment, le regard vague. Ces flammes lui faisaient penser à Ginny, à ses longs cheveux rouges flamboyant, se ballotant sur ses épaules, suivant une courbe lorsqu' elle marchait ou courait.
Il repensa à tout ce qu' ils avaient vécus tout le deux...
Il se souvint du moment où Harry lui avait demandé de l' oublier, et qu' il fallait plus qu' ils se revoient. A partir de là, son été était devenu horrible car il avait ce sentiment de culpabilité qui le rongeait. Son esprit était divisé en deux.
D' un côté, il voulait la garder sauve, et de l' autre il voulait rester à ses côtés et combattre Voldemort avec elle. Comment avait-il choisi ? Harry se remémora les souvenirs de son été.
Après avoir eu enfin dix-sept ans, Harry était partit de chez les Dursley (avec un aurevoir très peu chaleureux) et s' était installé au Terrier où il fut généreusement accueilli par Mrs. et Mr. Weasley.
Ginny alors ne cessait de l' ignorer ; et cela attristait beaucoup Harry. Et puis Ron ne le réconfortait guère, il n' osait pas évoqué ce problème devant lui.
Non, la seule personne à qui il pouvait en parler était Hermione. Seulement Hermione était partir en vacances en Bulgarie (Harry prit soin de ne pas évoquer le lieu de vacances de Hermione devant Ron), et elle ne pouvait pas rester au Terrier.
Harry lui envoyait souvent des lettres; il avait finalement décider de se confier à elle, puisque la jeune fille avait l' air de s' y connaître. Mainte et mainte fois, Hermione lui racontait que Ginny courrait le même risque qu' elle et Ron, et que ce n' était pas pour cette raison que Harry les avait abandonnés pour autant.
Finalement (au bout d' un certain temps), Harry comprit qu' il ne pouvait pas accomplir sa tâche sans Ginny, et qu' il n' arriverait pas à supporter de la voir souffrir encore. Il décida donc d' en finir avec tout ça, et alla lui parler (après trois semaines d' ignorance) lors du mariage de Bill et Fleur.
- Ginny, je peux te parler ? avait demandé Harry.
- Euh... bien sûr ! avait-elle dit en ayant un regard sceptique.
Lorsqu' ils étaient enfin à l' abri des regards indiscrets, Harry avait avoué tous ses sentiments :
- Ginny, regarde-moi (elle avait détourné les yeux). Je sais que c' est dur pour toi. Mais pour moi aussi.Te voir souffrir... Je n' arrive pas à le supporter. Ma quête va être dure. Très dure. Et bien que je ne veuille pas qu' il t' arrive du mal, il faut que je l' accepte.
Je t' aime, et tu es ma force de vivre, mon espoir. Grâce à toi, j' y arriverai ! J' arriverai à combattre Voldemort. J' ai le pouvoir d'aimer . J' ai enfin compris ce que ça signifie. Il ne faut pas que je me sépare de mes proches, des personnes que j' aime. Et j' ai stupidement fait le contraire de ce que Dumbledore m' avait demandé. Je t' ai abandonné ! Et j' ai vraiment été stupide de faire ça. Je t' aime Ginny, pardonne-moi. avait supplié Harry.
Mais elle s' était tut. En fait, Ginny ne savait pas quoi répondre. Elle voulait bien montrer à quel point elle avait souffert (mais ça, Harry l' avait déjà vu puisqu' 'l parle de ça dans son monologue, pensa-t-elle) mais de l' autre, elle avait une folle envie de lui sauter dans les bras.
Finalement, elle s' était décidé :
- C' est bon, j' ai compris, avait-elle dit en le regardant dans les yeux.
- Alors tu me pardonnes ?
- Ça se pourrait bien... avait chuchoté Ginny à l' oreille de Harry.
Et elle était partie en trombe de la salle, avec sa magnifique robe blanche virevoltant à chacun de ses mouvements ; laissant un Harry tellement heureux que si un détraqueur avait surgis en cet instant, il aurait créé alors le plus beau patronus jamais vu.
Harry sourit à cette heureuse pensée.